Pratiquer le zen

« Où méditer à Paris » est un site qui vous apporte l'essentiel des informations utiles pour comprendre ce qu'est la méditation zen, comment elle se pratique et pour connaître les lieux les plus adaptés. Bonne lecture !

Pratiquer la méditation au quotidien avec un groupe dans un dojo zen

C’est grâce à l’effort que nous pouvons pratiquer régulièrement. Mais il ne s’agit pas d’un effort en vue d’obtenir ou de réussir quelque chose. Si c’est pour réussir ou même pour des raisons de santé : parce que ça vous calme les nerfs, l’esprit, cet effort-là ne durera pas longtemps. C’est au contraire un effort sans objet, qui vient du fait que l’on sait que c’est ce qu’il faut faire. Cet effort-là ne cesse jamais.

Quand j’ai commencé zazen, j’allais très vite, non pas au niveau des grades ou dans la compréhension, ni même concernant le temps de pratique au dojo, mais j’allais très vite dans ma tête. Cela n’arrive pas qu’à moi mais aussi à la plupart des pratiquants qui continuent la pratique. On va très vite. On dépasse la limite de vitesse. On va trop vite et on a peur de perdre le contrôle du véhicule. Tout est devenu, tout devient la pratique, même la peur. On est sur le point de péter les plombs mais derrière nous, une voix ne cesse de répéter : « Plus vite ! ».

D’ailleurs, c’est ainsi que la tortue de La Fontaine, après d’énormes péripéties, arrive finalement avant le lièvre. C’est grâce à l’effort sans l’intention de gagner. C’est l’effort pour rien, pour « ku », pour le ciel. C’est cela la victoire de la tortue. C’est un « plus vite » qui ne s’arrête jamais, jusqu’au cercueil. C’est par ce « plus vite » que nous pouvons nous abandonner au cosmos et à nous-mêmes. C’est par cet effort-là, sans but, que l’on peut devenir très pur et très puissant. Comme nous pouvons le voir chez Deshimaru, Kishigami et bien d’autres.

Mais si l’effort devient mou, oisif, paresseux, le bouddhisme apparaît alors flou et brumeux et la posture n’a plus de colonne vertébrale. Alors « plus vite ! » ou « ne perdez pas le moment présent », c’est la même chose. Mais ne vous trompez pas de direction. Vous qui connaissez zazen, vous ne devez pas vous tromper. Ce n’est pas l’effort en lui-même qui est important :

      Où étiez-vous ces temps-ci ? Demande le maître au disciple.

     À Sato, répond le moine.

     Vous avez certainement usé beaucoup de sandales… Le moine ne sait pas quoi répondre.

     Je regrette vos sandales, vous les avez usées en vain, dit le maître.

 

Kusen de Rei Ryu Philippe Coupey